
Voyage en Hongrie
du 5 au 13 mai 2026
Prévue à partir du 6 mai, la découverte de la Hongrie commença dès le 5, en raison du contexte international ayant perturbé les transports aériens. Après une nuit près de Genève, un transit par Vienne, le voyage commença enfin à Budapest par la visite de la basilique Saint-Etienne, édifice religieux impressionnant par ses dimensions, de style néo-classique et qui contient une relique sacrée pour les Hongrois, la main droite de leur premier roi Etienne 1er (975-1038) .
Le deuxième jour commença par la visite du musée national hongrois, sous la conduite expérimentée d’une guide ayant fait des études à l’université de Dijon. Cette visite nous permit une première approche de l’histoire, assez mouvementée, de ce pays à travers des présentations structurées par grandes périodes historiques allant jusqu’à l’ère communiste et mettant en valeur les personnalités hongroises qui les ont traversées.
Ensuite ce fut la découverte du plus grand des cinq marchés couverts de Budapest, au toit de tuiles vernissées. L’intérieur avec ses trois niveaux abrite des étals de viandes, de poissons, de vins, de condiments en tous genres… L’après-midi fut consacré à la visite de la Grande Synagogue, la plus grande d’Europe, construite dans le style mauresque mais avec certains aménagements intérieurs qui rappellent les églises catholiques, religion de l’architecte (plan en basilique, riche décoration intérieure, présence de deux chaires, emplacement particulier pour la table de lecture de la Torah …).
Un orgue est installé dans ce qui forme le chœur, orgue sur lequel ont joué Franz Liszt et Camille Saint-Saëns… Dans l’enceinte de cet édifice se trouve des fosses communes renfermant les nombreux Juifs morts dans le ghetto lors de la Seconde Guerre et un monument dédié aux victimes de la Shoah, création de Imre Varga, un Arbre de vie, saule pleureur portant sur chaque feuille le nom d’une victime. Un petit musée juif complétait la visite. L’après-midi se termina par une pause gourmande dans l’une des pâtisseries les plus courues de Budapest, la pâtisserie Gerbaud.
Notre troisième journée à Budapest commença avec la visite d’un monument emblématique de la ville, le Parlement hongrois, construit à la fin du XIXe siècle avec une façade de style néo-gothique. Il s’étend le long de la rive du Danube. Inauguré en 1896 pour le millénaire de la Hongrie, doté de tout le confort moderne lors de sa conception, il fait penser au palais de Westminster. Le grand escalier doré intérieur est particulièrement spectaculaire.
Des regalia particulièrement précieuses pour les Hongrois sont exposées dans la salle située sous l’immense dôme central (couronne d’Etienne 1er par exemple). Après cette visite spectaculaire nous nous rendons sur l’autre rive du Danube pour visiter Buda et ses principaux monuments : l’église Matthias et le Bastion des Pêcheurs. Devant l’église un monument que nous rencontrerons souvent dans les villes hongroises, une colonne de la peste, achevée en 1713. L’église Matthias de style gothique et néo-gothique, construite entre le XIIIe et le XIVe siècle, est couverte d’un toit en tuiles vernissées de couleur.
A l’intérieur les murs et les voûtes sont entièrement ornés de fresques et de peintures religieuses qui racontent des histoires bibliques et des événements saints. Nous terminons la matinée par le Bastion des Pêcheurs, tout à côté de l’église Matthias et qui permet un point de vue exceptionnel sur l’autre rive du Danube, avec en particulier le palais du Parlement.
L’après-midi était consacré à la visite du musée des Beaux-Arts, inauguré en 1906. Le cœur exceptionnel des collections exposées provient d’une riche et puissante famille hongroise, les Esterházy. Sous la conduite d’une guide, nous avons admiré (pas assez longtemps à notre goût …) des Raphaël, des Rembrandt, Titien, Cranach, le Gréco …qui remplissent les salles. La soirée se termina par un diner-croisière sur le Danube, qui nous permit d’admirer Budapest sous un ciel merveilleusement coloré et des monuments mis en lumière.
Le lendemain notre groupe partait découvrir les villes de la province hongroise. Les nombreux toits colorés et vernissés de Budapest laissaient à supposer l’existence d’une création et d’une production de porcelaines et de céramiques importantes. Une ville est liée à cette activité, la ville de Pécs, renommée en particulier pour sa manufacture de Zsolnay, fondée par Miklós Zolnay au milieu du XIXe siècle. Elle devint rapidement un centre mondialement connu pour la qualité et le design de ses productions. La période communiste arrêta cette production de luxe et orienta l’usine vers des céramiques d’usage quotidien, entrainant ainsi la perte du savoir-faire. Un collectionneur s’est attaché à retrouver à travers le monde entier ses pièces exceptionnelles et à offert sa collection à la ville de Pécs qui a créé un musée dans les anciens appartements Zolnay. Nous avons ainsi pu visiter cette collection unique et remarquable, présentant des pièces uniques par leur technique de production, leurs dimensions ou de décoration (Photos 24 à 26). L’après-midi découverte de la ville de Pécs, ville natale de Vasarely. Cette cité, d’un charme tranquille, renferme une cathédrale, une ancienne mosquée. Ses origines antiques expliquent la présence d’une nécropole paléochrétienne..
Les deux jours suivants étaient consacrés à la visite des monuments situés autour du lac Balaton. Nous commençons par la visite de Veszprém, ville dite « des reines » qui domine la plaine environnante . La découverte se poursuit avec la presqu’île de Tihany et surtout son abbaye bénédictine, fondée en 1055 par le roi André 1er.
Détruite par les Turcs elle a été reconstruite dans le style baroque. et contient un riche mobilier d’église en bois sculpté. La crypte, seul vestige roman abrite le tombeau du roi fondateur. La petite cité attenante présentant des maisons avec des toits de chaume et s’est largement orientée par la culture de la lavande, en vente dans toutes les boutiques le long de la voie d’accès à l’abbaye.
Après un déjeuner au bord du lac, visite du château baroque ayant appartenu à la riche famille Festetics. Commencé au milieu du XVIIIe siècle, il fut agrandi par le fils du fondateur, qui ajouta des écoles, des hôpitaux et d’autres bâtiments dans cet immense domaine, pour avoir au final une forme approchant du U. Il renfermait en particulier une bibliothèque aux belles boiseries XVIIIe qui a été protégée pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il est encore meublé avec son mobilier d’origine, ce qui permet de prendre connaissance du raffinement de la vie aristocratique au XIXe siècle. Retour à l’hôtel, les plus courageux allant se délasser dans les eaux thermales à 33/38°au spa de l’hôtel.
Le lendemain la journée était consacrée à la visite de la petite ville de Sopron. Après une halte apéritive très conviviale dans les jardins de l’Université (vin de Tokay délicieux offert par l’un de nos couples de voyageurs) et le déjeuner, visite guidée de la ville. Nous sommes à côté de la frontière autrichienne, au nord-ouest de la Hongrie. Nous découvrons tout d’abord les origines romaines de la ville, qui se situait sur la route de l’ambre et qui a conservé tout son aspect médiéval intact au cœur de la cité.
La place centrale abrite, comme souvent en Hongrie, une colonne de la peste mais c’est surtout la Tour du Feu, haute de 60 mètres, qui attire les regards. Comme son nom l’indique les vigies surveillaient la sécurité dans la ville à son sommet. Sur la place, l’église de la Chèvre, financée par un chevrier qui aurait découvert un trésor.
L’avant-dernier jour de notre découverte de la Hongrie est consacré au retour dans la capitale, en suivant le Danube qui fait une large boucle pour se diriger vers le sud et Budapest. En chemin notre première visite est pour le château de Fertöd, baptisé le « Versailles hongrois », mais il s’agit d’un Versailles baroque-rococo, non celui de Louis XIV mais celui de Louis XV. Il a appartenu à l’une des familles les plus riches et puissantes de Hongrie, celle des Esterházy, que nous avons déjà rencontrée en tant que contributrice au musée des Beaux-Arts de Budapest. Ici c’est surtout dans le domaine musical que ce nom s’est illustré puisque Joseph Haydn y a été pendant près de trente ans le maître de chapelle. Le prince Miklós Esterházy voulait rivaliser avec la splendeur des royautés autrichienne et européennes. Après la Seconde Guerre mondiale le château et les jardins furent fortement dégradés, les pièces étant utilisées pour l’agriculture et les réparations mécaniques des engins agricoles … Les restaurations en cours permettent de retrouver une partie des salles à manger, des salons raffinés où se déroulaient des fêtes fastueuses.
Sur la route du retour arrêt à Esztergom, lieu où est né Etienne 1er et ancienne capitale hongroise, avec la visite de la basilique néo-classique immense qui domine la ville. Elle renferme la plus grande peinture sur une seule toile jamais réalisée, installée au-dessus du maître-autel. Malgré (ou à cause ?) de ses dimensions impressionnantes, cette basilique dégage une impression de solennité mais aussi de froideur.
Avant d’arriver à Budapest, nous faisons un dernier arrêt à Szentendre, petite cité médiévale réputée pour ses galeries d’art et d’artisanat. Nous visitons en particulier le musée de la céramique d’une célèbre artiste contemporaine, Margit Kovacs, dont les réalisations, par leur simplicité et leur humanité, impressionnent fortement notre groupe.
Dernière matinée à Budapest. Après avoir découvert avec notre guide les trajets en trolleybus et en tram, le groupe se sépare en deux, une partie souhaitant découvrir les bains renommés de cette ville, l’autre partie prolongeant la découverte des bâtiments. Pour les premiers ce seront les bains publics Széchenyi avec des eaux allant de 18 à 38 °, dans des bassins intérieurs et/ou extérieurs sous un beau soleil. Pour les autres ce sera un parcours permettant la découverte esthétique du musée ethnographique ou de la Maison de la musique.
Après huit jours passés en Hongrie sous la conduite d’un guide professionnel et plein d’humour, notre groupe rentre à Dijon avec le sentiment d’avoir parcouru un pays fier d’un riche passé historique et mouvementé et en pleine transformation, tourné vers l’avenir. La convivialité, les échanges amicaux tout au long de cette semaine ont, en outre, su créer parmi les participants un climat propice à cette ouverture et à cette découverte.
Annie Haïk