L’invention du folklore : de l’Exposition internationale des arts et techniques de 1937 aux Fêtes de la Vigne. (1 V.P.)
- juin 1, 2026

Visite « privilège », par Vicky BURING Conservatrice responsable des collections ethnologiques – musée de la Vie bourguignonne – musées de Dijon
le 1er juin 2026
Vicky Buring, conservatrice responsable des collections ethnologiques – musée de la Vie bourguignonne, détaille longuement l’exposition de 1937, envisagée dès 1934 qui reçoit l’élan nécessaire à la suite de l’arrivée du Front Populaire au pouvoir en 1936.
D’après son commissaire général Edmond Labbé, les Arts et les Techniques ne s’opposent pas.
De cet évènement dont chaque pays ou région exposant doit autofinancer son pavillon, il nous reste (entre autres) le palais de Chaillot qui a remplacé le palais du Trocadéro et le Palais de Tokyo aujourd’hui dédié à la création contemporaine qui conserve le célèbre tableau de Raoul Duffy réalisé pour cette occasion : « La fée électricité ».
Savez-vous que les pavillons du 3ème Reich et de l’Union Soviétique se faisaient face et ont été tous deux médaillés d’or ?
Sur l’île aux cygnes sont regroupés les pavillons régionaux dédiés à la promotion des régionalismes et des folklores (sans renier une dose de modernisme). Celui de la Bourgogne Franche Comté ressemble aux Hospices de Beaune (vue de la cour d’honneur). A gauche de l’entrée y figurait un bas-relief du sculpteur Albert David : la Marianne vendangeuse dont une copie, acquise en 2022 est désormais exposée au Musée de la Vie bourguignonne ; rien ne lui manque : le raisin, l’escargot…
A l’intérieur du pavillon, Perrin de Puycousin fut chargé de concevoir un intérieur bourguignon. Savez-vous que la Fédération régionaliste française fondée en 1900 par Jean Charles Brun prônait la décentralisation et défendait les particularismes et les savoir-faire régionaux mais au sein de la République et que cette culture détermina les lignes directrices des reconstructions d’après-guerres ?
La seconde partie de cette visite permit à notre guide de rappeler l’Historique des Fêtes de la vigne.
Les premières eurent lieu en 1946 à la demande du chanoine Kir. Le Comité Bourgogne les organisa jusqu’en 1977. Les danses et les chants traditionnels sont mis à l’Honneur et, dans les années 1950, ces fêtes deviennent internationales
Elles fêtent leurs 80 ans cette année !
Savez-vous que l’on ne dansait pas en sabots mais avec les chaussures du « dimanche », que la Layotte est la coiffe des femmes travaillant dans les vignes, que la bénaton est le panier en osier recueillant le raisin et la Biaude une solide blouse blanche, noire ou bleue portée par les hommes se rendant à la foire ?
En résumé : Si les objectifs de l’exposition de 1937 étaient de conserver et faire connaître les folklores, le but affiché des fêtes de la Vigne était de le rendre vivant.
Un grand merci à Vicky Buring pour ce retour à nos origines.
Christian Beaulat