
Visite « privilège », de l’exposition « Djamel Tatah. Répéter – Muter »
par Sophie HARENT Directrice du musée national Magnin.
le 8 juin 2026
Cette visite a été conduite par Sophie Harent, conservatrice et directrice du musée Magnin. Rappelons que cette remarquable exposition est en partenariat avec le musée des Beaux-Arts. Exposer un peintre contemporain dans cet espace culturellement dédié était un pari audacieux et parfaitement réussi. Dès le début, les tableaux de Tatah entrent en résonnance avec des oeuvres issues des collections du musée Magnin comme cette petite fresque romaine (figure volante) venue de Pompéi avec les corps presque flottants des grands formats de l’artiste. L’exposition se développe autour de deux mots, « Déployer » et « Démultiplier » et va se découvrir de salles en salles dans une forme de dialogue entre des œuvres de siècles différents. Djamel Tatah représente souvent les mêmes figures dans des séries où la posture reste la même ou presque avec des variations de couleurs. Ces figures muettes, dont on ne voit pas le regard habitent l’espace dans une forme de léger déséquilibre ou d’équilibre instable… En 2005, Djamel Tatah entame une collaboration fructueuse avec le lithographe Michael Woolworth. Estampes, bois gravé, lithographie, le peintre expérimente de nouvelles techniques, en accepte les contraintes et son travail se « démultiplie ». Tatah, issu de l’immigration, est profondément marqué par les drames de notre époque et ses personnages non identifiés, habitants de vastes champs colorés, n’ont pas le sourire. Il est à noter que sauf exception, toutes les œuvres sont « sans titre ». Pour conclure, une très belle exposition d’un peintre contemporain dans un lieu lui permettant de dialoguer avec des artistes de différentes époques, une belle réussite !
JP Alimondo