« Djamel Tatah. Répéter – Muter » au musée des Beaux-Arts de Dijon (V.P.)

  • août 27, 2026
Visite « privilège », de l’exposition « Djamel Tatah. Répéter – Muter »
par Caroline FOURNILLON-COURANT Conservatrice, responsable des collections du XXe et XXIe siècle aux musées de Dijon, co-commissaire de l'exposition.
le 27 août 2026

Nous débutons les visites « privilège » du second semestre avec Caroline Fournillon-Courant, co-commissaire de l’exposition consacrée à l’artiste Djamel Tatah, réalisée en partenariat avec le musée Magnin. Si au musée Magnin les œuvres de ce peintre contemporain sont exposées dans les salles habituelles avec la volonté de les mettre en résonnance avec les tableaux permanents, au musée des Beaux-Arts les peintures sont présentées dans les salles consacrées aux expositions temporaires. Sauf trois toiles accrochées dans la salle des Tombeaux, pour une mise en parallèle avec les gisants de nos ducs bourguignons.

Notre guide nous présente l’artiste, aux parents originaires de Kabylie, né à Saint-Etienne, diplômé des Beaux-Arts de cette ville, professeur à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, largement exposé dans de nombreux musées, notamment français. Ayant été en résidence à Dijon, Djamel Tatah connaît bien le musée des Beaux-Arts et a été marqué plus particulièrement par un tableau de Konrad Witz (qui a été retenu pour l’affiche de l’exposition Peintures germaniques des collections françaises (1370-1550) de 2023/2024) L’Empereur Auguste et la sybille de Tibur. Partant de cette remarque, Caroline Fournillon-Courant nous explique le processus créatif de ce peintre, accumulant les images-sources qui l’ont marqué, les numérisant puis les répétant en les différenciant et en les agrandissant. Les images se répètent mais ne sont jamais exactement identiques, d’où le titre de l’exposition Répéter -Muter. Partant d’une image source il peint plusieurs tableaux à chaque fois, dessinant à la craie puis utilisant peinture et cire mélangées pour obtenir un rendu plat, uni et mat. Elle nous fait constater que toutes ces figures sont à l’échelle humaine, sans pieds le plus souvent, et sans titre sauf deux autoportraits réalisés à ses débuts. Ses œuvres sont le résultat de toutes les cultures dont il est nourri. Il montre l’humanité actuelle telle qu’il la voit, avec sa solitude, sa misère, dans son environnement urbain. Il ne pratique pas la gravure, sauf pour illustrer un carnet de notes d’Albert Camus après un voyage fait à Tipaza. Trois œuvres sur la quarantaine présentées resteront au musée des Beaux-Arts de Dijon, la ville lui ayant acheté un tableau et l’artiste en ayant offert un ainsi que le livre d’artiste d’Albert Camus

Notre guide a su passionner l’auditoire en lui permettant de découvrir et de mieux comprendre cet artiste contemporain. Qu’elle en soit chaleureusement remerciée.
Annie Haïk