Lons-le-Saunier

  • avril 15, 2026

Lons-le-Saunier

Mercredi 15 avril 2026


La première excursion de l’année a débuté sous un soleil printanier, qui a accompagné toute cette journée de découverte d’une ville dont la plupart des participants méconnaissaient les richesses, souvent cachées.

Désespoir, médaille d’honneur au Salon de Paris en 1869, réalisé après la mort de son épouse

La matinée fut consacrée à la visite du musée des Beaux-Arts et à celle de l’Hôtel-Dieu. Le musée, petit en superficie, renferme le fonds d’atelier d’un sculpteur originaire de Monay dans le Jura mais ayant fait toute sa carrière à Paris, Jean-Joseph Perraud (1819-1876) ainsi que quelques-unes de ses principales créations. Nous apprenons ainsi qu’après des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon puis de Paris et un séjour à la Villa Médicis à Rome il obtint un premier prix de Rome en sculpture. Il travailla alors pour de grands projets dans la capitale, profondément remodelée à cette époque par les grands travaux engagés sous le Second Empire (nouveau Louvre, Opéra Garnier …). La guide du musée nous le fit mieux apprécier, en soulignant ses particularités de représentation des sentiments dans un style néo-classique resté très académique.

L’Enfance de Bacchus, médaille d’honneur au Salon de Paris en 1863

 Au premier étage du musée la collection de peintures, léguée par un collectionneur lédonien Jean-Paul Mazaroz (1823-1900), dont nous découvrons le portrait par Gustave Courbet,  expose en particulier deux Pieter Brueghel le Jeune d’assez grand format qui attirèrent tous les participants. 

Un des deux Brueghel exposés au musée (ici Le Massacre des Saints Innocents)
Jean-Paul Mazaroz par Gustave Courbet
Participants devant les grilles XVIIIe siècle en fer forgé de l’Hôtel-Dieu

L’autre pôle d’intérêt de la matinée était l’Hôtel-Dieu du XVIIIe siècle (photo 7) et en particulier son apothicairerie. Notre guide présenta toutes les richesses de ce lieu « dans son jus » qui renferme une impressionnante collection de pots issus des faïenceries de Nevers, de Lyon et de Meillonnas, un rare herbier complet du XVIIIe siècle…

Herbier de plus de 1200 feuillets
collection des pots en faïence de Nevers

Après déjeuner notre guide nous entraîna dans la découverte de la ville, en commençant par celle du théâtre, qui subit deux incendies majeurs au XIXe siècle en janvier, avant d’être reconstruit en 1901, en lui conservant tout le charme de son décor à l’italienne et le raffinement de ses coloris pour l’habillage des murs et des fauteuils refabriqués dans leur style XIXe siècle. Une ravissante danseuse au nom de Salomé, œuvre du sculpteur Cassou, accueille les spectateurs dans le grand hall.

Vue de la salle du théâtre depuis la scène

 Puis notre guide nous fait découvrir le charme de la vieille ville, avec ses maisons des XVIIe et XVIIIe siècles qui s’échelonnent tout le long de la rue principale aux 142 arcades, attirant notre attention sur les niches abritant des statues de Vierges, sur des protections de gouttières sculptées, sur des heurtoirs finement travaillés …Une halte s’impose devant la maison où est né, un peu par accident, Rouget de Lisle devenu célébrité de la ville.

Heurtoir du XVIIIe siècle
Salomé, œuvre de Cassou
maison natale de Rouget de Lisle
Pieta du XVe siècle, auteur inconnu

Les plus courageux, ou les moins fatigués, visiteront pour terminer l’église Saint Désiré, située hors des anciens remparts de la ville et qui abrite le tombeau de cet évêque de Besançon venu évangéliser la région et qui y mourut en 414. L’église, datée de 1083,  de pur style roman franc-comtois  pour la partie la plus ancienne de la nef conserve en particulier une rare tour eucharistique et une Piéta du XVe siècle provenant de l’ancien prieuré de Gigny.

tour eucharistique conservée à l’église Saint Désiré

C’est toujours sous le soleil que les participants quittent Lons-le-Saunier, préfecture du Jura, séduits par les attraits, souvent cachés, de cette cité et par ses rues et ses terrasses animées pour revenir à Dijon.
Annie Haïk