Ornans

  • septembre 30, 2026

Ornans

mercredi 30 septembre 2026

Ce mercredi 30 septembre Ornans était au programme des excursions proposées cette année par la SAMD, avec deux objectifs principaux : découvrir cette charmante cité établie au bord de la Loue et visiter le musée Courbet. La Loue est un composant omniprésent de la ville (la racine latine de son nom nous renvoyant à « louve » animal sauvage, indomptable et une racine plus ancienne, gauloise ou préceltique, signifiant eau). Ornans est aussi appelée « petite Venise comtoise » non à cause de la présence de canaux mais à cause des maisons surplombant la rivière dans la traversée de la ville. 

La matinée était consacrée au musée Courbet. Ce peintre réaliste, du XIXe siècle, né à Ornans, est la célébrité de la ville. Le musée qui lui est consacré est en partie abrité dans la maison de ses parents, au bord de la rivière. Les collections permanentes présentent une partie de ses œuvres, picturales ou sculpturales. Ce sont essentiellement des portraits et des vues de la vallée aux alentours d’Ornans. 

Portrait présumé d'une jeune fille d'Ornans
Soleil couchant
Le Saut du Doubs
Première affiche de la SPA

Les participants avaient été scindés en deux pour faciliter la visite guidée. Pendant qu’un groupe apprenait à mieux connaître Courbet et admirait ses œuvres l’autre groupe découvrait le « Réalisme animal », thème de l’exposition temporaire. Elle rappelle tout d’abord au visiteur que la figuration animale était jugée peu valorisante pour un peintre, figurant au dernier rang dans la hiérarchie de la peinture, et qu’elle prend son essor au XVIIe siècle dans les provinces protestantes hollandaises. Sous l’impulsion de préconisations gouvernementales françaises, qui incitaient à une production accrue de viande et de lait pour nourrir la population, les œuvres d’art animalier se multiplièrent au XIXe siècle (par exemple le Labourage nivernais de Rosa Bonheur).  

La première dent par Roger-Maurice Marx
Détail du Labourage nivernais de Rosa Bonheur

Peu à peu une prise de conscience de la difficile condition animale apparut, avec l’ apparition de la société protectrice des animaux et la promulgation de lois les protégeant mieux des mauvais traitements. Plus de 120 œuvres, sous forme de peintures ou de sculptures, retracent cette évolution. 

Taureau noir taché de blanc par Jacques-Raymond Brascassat

Après un déjeuner roboratif au Hameau du fromage, l’après-midi était consacré à la découverte du Musée de la vie d’avant, exposant dans l’ancienne église du couvent des Visitandines jouets, vêtements, articles de cuisine, vaisselle, accessoires et instruments de travail retraçant la vie en Franche Comté de 1850 à 1950. Ces mises en situation firent remonter de nombreux souvenirs dans la mémoire des visiteurs. 

La journée se termina par la visite de la ville. Notre guide nous exposa brillamment la vie d’une famille célèbre de la ville, les Perrenot de Granvelle, dans la cour de leur ancien hôtel particulier, nous présenta le Pêcheur de chavots, statue en bronze de Gustave Courbet, sur la place qui porte son nom et dans l’église Saint Laurent la copie d’un chef d‘œuvre de Bronzino, une Déploration sur le Christ mort, l’original rapporté par Nicolas Perrenot de Granvelle de Florence étant conservé au musée de Besançon. 

Le Pêcheur de chavots de Courbet
Eglise Saint Laurent
La déploration du Christ (copie)

Ornans est surplombé par des falaises calcaires, certaines aménagées avec une via ferrata. Ce qui permit au groupe d’assister à l’hélitreuillage d’une personne en difficulté sur cette paroi, avant de revenir, sous les premières gouttes de pluie, à Dijon, après cette journée riche en découvertes variées.
Annie HAÏK