
Montbéliard
Jeudi 11 décembre 2025
La dernière excursion de l’année 2025 était en partie consacrée à l’un des plus beaux marchés de Noël, celui de Montbéliard mais, bien évidemment qu’en partie. Car cette ville de Franche-Comté présente un riche patrimoine architectural et muséal, reflet de son histoire. Après un départ et un voyage dans un brouillard hivernal, les participants sont répartis dès leur arrivée en trois groupes sous la conduite de trois guides pour visiter le monument-phare de la ville, le château des ducs de Wurtemberg. Les pièces étant relativement petites, le confort de petits groupes en contact direct avec la guide a été très apprécié. Ce monument, qui domine la ville, a été réouvert en partie cette année après une rénovation totale, recourant à une scénographie moderne et très efficace qui permet de bien comprendre le passé historique mouvementé de la cité.
En effet les environs furent occupés dès l’antiquité et une cité romaine importante, Mandeure, s’établit dans cette zone de passage ; elle était importante puisque l’on y a retrouvé un théâtre antique qui est le plus grand théâtre de Gaule, pouvant accueillir 20.000 personnes. Une cité s’érigea ensuite sur un escarpement rocheux qui s’élève dans cette plaine pour mieux résister aux envahisseurs incessants, ce sera le fondement de la ville de Montbéliard. Au début du XVe siècle elle passera par mariage en possession des comtes de Wurtemberg et y restera jusqu’en 1793. Toute l’histoire de la ville est ainsi mise en scène dans la partie actuellement restaurée du château, remanié et agrandi au fil des siècles, où le groupe passera toute le matinée.
On apprend ainsi que Sophie-Dorothée de Wurtemberg épousa le futur tsar Paul 1er, devenant la tsarine Maria Feodorovna et que Piotr Tchaïkovski vint à Montbéliard, en souvenir de sa gouvernante Fanny Dürbach qui était originaire de cette ville. L’ameublement des pièces permet entre autres de découvrir des poêles en céramique, plus répandus dans les contrées de l’est que les cheminées ouvertes.
Après un déjeuner réconfortant composé de spécialités locales, découverte de la ville commentée par des guides. Nous passons par la plus ancienne rue qui permet de découvrir l’étroitesse des façades, moyen ingénieux de minimiser les impôts, avant d’arriver sur la place des Halles, vaste bâtiment construit au XVIe et au début du XVIIe siècle, cœur du quartier commerçant de la ville. Actuellement il est entouré par le marché de Noël.
La Pierre à poissons, qui servait d’étal pour le poisson les jours de marché au Moyen Âge se trouve sur cette même place. Un prédicateur, le calviniste Guillaume Farel, se serait juché sur cette pierre pour prêcher la Réforme.
Nous passons devant la maison natale de Georges Cuvier, initiateur de l’anatomie comparée, avant d’arriver au temple Saint Martin. Car c’est une particularité de la ville, Montbéliard dépendant du duché de Wurtemberg a été une enclave protestante luthérienne dans un environnement français catholique. C’est pourquoi on y trouve le temple Saint Martin, plus grand et ancien temple en France, construit de 1601 à 1607. Actuellement en rénovation l’intérieur ne peut être visité.
Dernière visite, libre, celle du musée Beurnier-Rossel, hôtel particulier du XVIIIe siècle, dont la façade à cette époque est décorée avec des créations en verquelure, étoffe de chanvre caractéristique de Montbéliard. Resté « dans son jus » on découvre l’intérieur cossu de la bourgeoisie protestante des XVIIIe et XIXe siècles, en particulier du mobilier réalisé par l’ébéniste Couleru. Au second étage larges collections régionales comme des outils, des tissus, des coiffes montbéliardes appelées « cale à diairi ».
La journée se termine par la déambulation dans le marché de Noël où une multitude de stands proposent de l’artisanat local et régional. Les rues abondamment illuminées, les jardins du château aux décorations oniriques achèvent cette découverte variée et riche de Montbéliard, avant le retour, très calme, à Dijon.
Annie Haîk