Voyage au XVIème siècle

  • 4 mars 2024
Visites "privilège" voyage au XVIème siècle
Sandrine Champion
Les 4 et 11 mars 2024

Redécouvrir  les oeuvres incontournables du XVIème et du XVIIème du musée de Beaux-Arts en 1h15 se révélant trop ambitieux même pour une guide expérimentée comme Mme Champion, un  voyage au XVIIème sera prochainement programmé à notre plus grande joie !

Ce sont donc les 2 salles du rez-de-chaussée autrefois dédiées aux expositions temporaires qui accueillent désormais les œuvres de cette période de l’histoire de l’Art. Les 4 salles du 3ème étage qui les abritaient sont maintenant consacrées aux expositions temporaires, soit 600m2 (à noter que les musées comparables au nôtre disposent de 800 à 1000m2). En conséquence de ce transfert de la collection XVIème-XVIIème, seules  70 œuvres sont présentées  au lieu de 300. Mme Champion a donc dû faire des choix douloureux : ainsi la tapisserie du siège de Dijon exposée pendant près de 10 ans, ou de nombreux objets en vitrines ont regagné les réserves ou sont visibles à la Brasserie des Beaux-Arts pour quelques -uns.

Notre guide explique ses choix de sélection et de présentation : ses coups de cœur, la hauteur d’accrochage des œuvres, les couleurs des fonds et comment l’aide de la modélisation informatique a été précieuse mais aussi l’avis des personnels de la Régie, des médiatrices, le respect des visiteurs à Mobilité Réduite et surtout la notoriété des œuvres : pas question de se passer d’un Lotto, de 2 Véronèse, d’un Pontormo, d’un Ravensteyn mais aussi d’œuvres emblématiques du patrimoine bourguignon.

 

Mme champion donna son éclairage sur 4 œuvres : Moïse sauvé des eaux de Véronèse qui se lit de droite à gauche et qui pourrait plutôt s’apparenter à une gravure de mode vénitienne de ce XVIème siècle finissant. Une hallebarde « fossile » témoigne d’un « repentir » de l’artiste. Le cadre très massif de ce tableau provenant de la collection de Louis XIV est d’origine.

https://musees.dijon.fr/sites/default/files/Scolaires/PDF/dossier_peda_moise-veronese.pdf

 

Commandé par la Compagnie des peintres de Dijon pour l’église des jacobins (autrefois à l’emplacement des halles), un St Luc peignant la Vierge de Nicolas de Hoey ou Nicolas van Houy ou Nicolas Doué (peintre flamand) est à la fois un autoportrait, une nature morte, un atelier du peintre qui rend hommage à ses commanditaires et aux médecins dont St Luc est le patron. Le perroquet, symbole d’éloquence caractérise l’évangéliste.

Lumière sur Nicolas de Hoey Saint Luc peignant la Vierge.

Nicolas de Hoey, Saint Luc peignant la vierge, détail, l'atelier.
Nicolas de Hoey, Saint Luc peignant la vierge, détail, le couteau.
Nicolas de Hoey, Saint Luc peignant la vierge, détail, le flacon.
Nicolas de Hoey, Saint Luc peignant la vierge, détail le citron.
Nicolas de Hoey, Saint Luc peignant la vierge, détail, le perroquet.


Acquis récemment à une vente aux enchères, la Sainte Catherine de Grégoire Guérrard autrefois au château de Commarin et portant le blason des Vienne-Dinteville (voir article : de nouvelles œuvres pour nos musées dans la rubrique « Journal ») permit à Mme Champion de détailler ce qu’est le travail d’un restaurateur et notamment l’art du « trateggio » (le trait). Là aussi, une couronne « repentir » a été rendue visible pour témoigner d’une part de l’histoire de l’œuvre.



Grégoire Guérard, Sainte Catherine d'Alexandrie, détail de repentir.
Grégoire Guérard, Sainte Catherine d'Alexandrie, détail.

Enfin, comment ne pas succomber aux charmes de la Vénus endormie de Dirk de Quade van Ravensteyn ? Vénus ou femme ou Danaé car on peut distinguer des pièces d’or sur la parure de lit. 

Cette œuvre a été saisie à Prague en 1803 et a été prêtée exceptionnellement pour une exposition dans cette ville où elle a été présentée avec une autre « dame endormie » du même artiste provenant du musée de Vienne. Elle a voyagé en caisson isotherme et a dû s’acclimater progressivement à ses nouvelles conditions d’exposition.

De nouveau, les sociétaires présents ont mesuré leur privilège et ont adressé un grand merci à notre hôtesse. (Christian Beaulat)