
Philippe Quantin, (Dijon, vers 1600 – 1636)
La muse Euterpe, XVIIème siècle (1er quart)
Huile sur toile
Légendée ‘EUTERPE’ en bas à gauche
156,50 x 213,50 cm
Achat avec l’aide de la Société des Amis des Musées de Dijon, Inv. 2023-7-1
© Musée des Beaux-Arts de Dijon/François Jay
La vie de Philippe Quantin est encore mal cernée : il serait né à Dijon vers 1600, mais de sa formation et de ses éventuels voyages, nous ne savons rien. En 1622, il est mentionné « maître-peintre » lors d’un paiement. En janvier 1636, il est nommé peintre ordinaire par le prince de Condé, gouverneur de Bourgogne. Il est inhumé à Dijon en septembre 1636.
A Dijon, il travaille principalement pour la Ville où il réalise des décors pour des cérémonies officielles. Il peint également des décors dans des châteaux bourguignons pour de grands commanditaires : un cycle de quatre muses – dont est issu notre tableau – au château de la Motte-Ternant pour la famille Cypierre ou le décor du cabinet du Pastor Fido au château d’Ancy-le-Franc pour la famille de Clermont-Tonnerre, seul décor encore en place dans la région. Sa principale production concerne des édifices religieux, commandes des paroisses (Sainte Chapelle, Notre-Dame, Saint-Michel, etc.) ou des communautés (par exemple, 8 tableaux de Quantin sont dénombrés au couvent des Jacobins en 1794).
L’œuvre de Philippe Quantin illustre l’influence caravagesque jusqu’en province, et ce dès les premières années du XVIIe siècle. Caravage est mort en 1610, et dès les œuvres de jeunesse de Quantin, l’influence du maître italien est perceptible. Mais il s’inspire aussi d’autres artistes italiens avec des emprunts parfois serviles, comme pour la muse Uranie conservée au musée des Beaux-Arts qui reprend la pose d’une figure dans un tableau de Raphaël.
Le décor des Muses au château de la Motte-Ternant :
Le cycle provenant du château de la Motte-Ternant comprend donc 4 tableaux représentant des muses : Uranie, Polymnie, Melpomène ou Clio (doute quant à l’identification) et Euterpe, décrite dans un inventaire privé du mobilier du château en 1628. Le document précise également que ce décor est complété de sept peintures ovales représentant des sibylles et des prophétesses, sans précision d’auteur.
L’ensemble du décor est transféré au château de Thoisy-la-Berchère au cours du XIXe siècle, puis dispersé lors de la vente du domaine en 1977. Deux tableaux sont alors achetés par Dijon lors d’une vente à Versailles, Uranie et Melpomène/Clio, les deux autres restant en collection particulière.
Euterpe, muse de la musique, est représentée jouant d’une longue flûte, assise sur un bloc de pierre, avec d’autres instruments de musique au sol. Elle est vêtue d’une robe et d’un beau drapé rouge, la tête ceinte d’une couronne de fleurs. Le cadre est volontairement dépouillé, neutre, mais on aperçoit quelques éléments d’un décor architectural en arrière-plan.
Ce tableau est donc venu compléter la série des deux muses déjà conservées au musée.
Sandrine Champion